Société
Maisons passives
Qu'est ce qu'une "maison passive" ?
Optez pour le confort et l'économie d'énergie.
Une maison passive est un bâtiment dans lequel règne, durant toute l'année, un excellent confort climatique, sans qu'il soit nécessaire de recourir à un système de chauffage ou de climatisation conventionnel. Pour la chauffer et la rafraîchir « passivement », deux principes s'imposent :
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Optimiser les éléments constitutifs de l'habitation, comme les parois, la toiture, les fenêtres et la ventilation, du point de vue énergétique. Dans la « maison passive », la qualité thermique de ces éléments est considérablement améliorée, sans que l'utilisation de techniques nouvelles ou inhabituelles s'avère nécessaire.
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Réduire les déperditions d'énergie avant la maximisation des gains. Des simulations théoriques ainsi que des expériences pratiques ont démontré qu'une stratégie de réduction des déperditions de chaleur, dans des conditions climatiques européennes, est nettement plus efficace que celle qui favorise les gains d'énergie solaire passive ou active.
L'appellation « maison passive » s'applique donc plus aux techniques de préservation de chaleur qu'aux gains d'énergie solaire, même si ceux-ci peuvent jouer un rôle important.
Quels sONt les avantages d'une maison passive?
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Conservation de la valeur à long terme grâce à l'utilisation de matériaux d'isolation durables.
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Diminution des problèmes d'humidité.
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Plus de confort grâce à un meilleur équilibre de la température et de l'humidité. Les réserves sont identiques.
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Frais de chauffage réduits. Il faut néanmoins un certain temps pour rentabiliser le surcoût de départ en raison du prix de l'énergie actuel.
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C'est écologique. Les ressources sont protégées et l'émisson de CO2 est réduite.
LES recommandations à appliquer
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Diminuer les déperditions thermiques par transmission. Pour ce faire, le coefficient de transmission thermique des parois extérieures de la construction doit être inférieur à 0,15 W/m2K, voire 0,10 W/m2K pour des maisons de type unifamilial. A titre indicatif, la réglementation thermique, en Région wallonne, autorise actuellement des valeurs de 0,4 W/m2K en toiture et 0,6 W/m2K pour les murs et parois opaques verticales. De plus, la totalité de ces surfaces de déperdition doit être exempte de pont thermique.
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Limiter le coefficient de transmission thermique de la fenêtre. Le coefficient de transmission thermique de la fenêtre (vitrage, intercalaire et châssis) doit être inférieur à 0,8 W/m2K. Le facteur solaire du vitrage doit, lui, être supérieur à 50% afin de pouvoir encore bénéficier des gains d'énergie solaire en hiver.
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Diminuer les déperditions thermiques par ventilation. L'approvisionnement en air frais est assuré par une ventilation à double flux. L'alimentation et l'extraction mécanique permettent d'optimiser la ventilation suivant les besoins et ce, indépendamment des conditions climatiques extérieures. Pour réduire les déperditions liées à la ventilation, la « maison passive » sera obligatoirement équipée d'un ventilateur avec récupérateur de chaleur. Le taux de récupération doit être au moins égal à 75%. Dans ce même souci de réduction de la consommation d'énergie, il est précisé que le ventilateur ne peut consommer plus que 0,4 Wh par mètre cube de volume d'air acheminé. L'efficacité thermique du système de ventilation peut être aisément améliorée par l'usage d'un poêle à pellets.
Pour éviter que des infiltrations parasitaires court-circuitent la récupération de chaleur de la ventilation, une très bonne étanchéité à l'air de l'enveloppe extérieure est exigée. Dans le cas d'une « maison passive », le niveau d'étanchéité à l'air (valeur n50) maximale est de 0,6 h-1, ce qui correspond à un renouvellement de 0,6 fois le volume d'air de l'espace chauffé par heure, pour une différence de pression entre l'intérieur et l'extérieur de 50 Pascal. L'étanchéité à l'air moyenne de l'habitat belge s'élève, par contre, à environ n50 = 8,7 h-1 (7). Pour vérifier et mesurer la performance de l'étanchéité à l'air de la construction, un test de pressurisation, dit « Blowerdoor », devient obligatoire. Le préjugé de devoir ventiler parce que les bâtiments sont devenus trop étanches ne se vérifie pas. L'inverse est plutôt d'application : pour pouvoir ventiler convenablement, une très bonne étanchéité à l'air s'avère désormais indispensable.
Quand un bâtiment est-il considéré comme pASSIF?
En suivant les recommandations précitées, une « maison passive » doit obligatoirement atteindre l'efficacité suivante :
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Un besoin en énergie thermique inférieur à 15 kWh au m2 par an. Cela correspond à une consommation de chauffage de 1,5 litres de mazout ou 1,5 m3 de gaz naturel par m2 de surface chauffée par année, soit une économie d'énergie dix fois supérieure à la moyenne actuelle. Dans ces conditions, un système de chauffage conventionnel ne s'avère plus nécessaire. Une pièce d'habitation de vingt m2 peut être chauffée par deux ampoules électriques de 100 W !
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Le besoin total d'énergie primaire ne peut dépasser 120 kWh par m2 par an. 1 kWh d'électricité à la prise électrique d'une maison nécessite une consommation énergétique d'environ 3 kWh en moyenne. Ces 3 kWh constituent l'énergie primaire. Ceci implique que, en moyenne, la consommation d'énergie de toutes les applications de l'habitation (chauffage + eau chaude sanitaire + électroménager + éclairage) ne peut dépasser 42 kWh par m2 par an. Ceci peut être raisonnablement couvert par des énergies renouvelables.
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La valeur d'étanchéité à l'air, n50, doit être inférieure à 0,6 h-1.
La « maison passive » en Belgique et en Europe
Une décennie après le premier prototype de Kranichstein, et bien qu'il existe en Belgique quelques bâtiments exemplaires en matière d'utilisation rationnelle d'énergie, aucun de ceux-ci ne peut être certifié « maison passive ». Même un projet performant comme la maison Pleiade, mis au point par Architecture et Climat (UCL), le CSTC et Electrabel, dont le bilan énergétique est de 15 kWh par m2 par an (8), ne peut l'être à cause de son degré d'étanchéité à l'air insuffisant, dont la valeur n50 n'atteint que 2,15 h-1 (9).
D'une première réalisation belge certifiable vers un standard européen.
D'après l'institut de la maison passive de Darmstadt, le projet du bureau d'architecture « fhw, architectes », à Verviers, serait la première réalisation belge certifiable.
Suite au programme européen CEPHEUS (Cost Efficient Passive Houses as European Standards) qui consistait à créer deux cent cinquante logements passifs dans différents pays d'Europe et d'en démontrer la faisabilité technico-économique, il semble que le standard « maison passive » deviendra prochainement un standard européen (10). Il serait regrettable que la Belgique soit à la traîne dans ce domaine. D'autant plus qu'il s'agit d'une piste réaliste permettant de répondre aux exigences de réduction des émissions de gaz à effet de serre dans le secteur du logement.
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